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Le keitai universel

17_1_1 Le keitai, telephone portable, est l'accessoire avec un grand A. Dans les rues des villes comme dans les trains, les gens gardent les yeux rivés sur les petits écrans de leurs téléphones portables. Personne ne saurait s'en passer et il est utilisé en permanence, soit pour téléphoner, soit pour sa fonction internet qui permet d'envoyer des messages, de rechercher des informations ou de télécharger des nouvelles sonneries musicales (chakumero). Nombreux sont également ceux qui font usage de leur téléphone portable comme d’un appareil photo pour tirer des clichés numériques de leurs moments privilégiés .

Le nombre d’abonnés au keitai au Japon a gonflé ces dernières années pour atteindre près de quatre-vingts millions. Pratiquement tout le monde en possède un à l’exception des personnes âgées et des enfants. Depuis le milieu des années 90, le téléphone mobile avec ses fonctions annexes comme l'équivalent local des SMS/MMS, le cHtml et la vidéo, est devenu un phénomène culturel, facilité par le déploiement des nouvelles technologies de téléphonie, dont l'i-mode, plus rapidement que dans d'autres pays. Le "keitai" (téléphone portable) devient l'interface de dialogue idéale entre l'Homme et son environnement. Le PC, longtemps au centre de tout, n'est plus qu'un ordinateur parmi d'autres. De fait, au Japon, le "keitai" a déjà détrôné le PC pour l'échange de mails, l'accès aux sites internet, ou l'achat de musique en ligne.

Il est en train de concurencer les cartes de crédit à puce pour le paiement dans les boutiques. Il sert de navigateur GPS, de système de télésurveillance pour la voiture ou le domicile, et même de télécommande domotique pour gérer la climatisation à distance.

Baptisé "tsuugaku keitai" (littéralement portable du chemin des cours), ce téléphone avec récepteur de localisation (GPS) intégré transmet automatiquement selon des critères prédéfinis des informations sur sa localisation par e-mail à une adresse donnée (par exemple celle du portable des parents). Ce service permet ainsi, entre autres, de s’assurer que l’enfant porteur du téléphone se trouve bien à l’école à l’heure prévue. "Comme les parents peuvent savoir où se trouve leur enfant, y compris en dehors de l’école, ils se sentent rassurés", explique KDDI dans un communiqué. Bien que le taux de criminalité au Japon soit extrêmement faible, les parents sont enclins à réclamer des mesures de sécurité renforcées dans les écoles et alentours à la suite de plusieurs affaires d’enlèvements ou de disparitions qui avaient frappé l’opinion publique.

Une société nippone de services destinés aux promoteurs immobiliers leur propose un nouvel outil de promotion qui permet de visionner l’intérieur d’un appartement en vidéo sur un téléphone portable, simplement en photographiant une sorte de code-barres associé à la petite annonce. La quasi-intégralité des téléphones portables nouvellement mis en vente au Japon sont compatibles avec les QR Code, et parmi le parc installé (90 millions d’unités), environ un tiers est capable de lire les QR Codes, selon les chiffres du ministère des Télécommunications.

Les QR Codes, des carrés tachetés de noir et de blanc, permettent de stocker sous forme cryptée une importante quantité d’informations, y compris en "kanjis" (idéogrammes). Apposés sur les cartes de visite, ils permettent par exemple une saisie directe des coordonnées complètes d’une personne dans le répertoire d’un téléphone par simple photographie, sans rien saisir à la main. Pour pouvoir interpréter les QR Codes, les téléphones portables doivent être dotés d’un petit programme pré-installé ou téléchargé

Le phenomène Kogiaru, Ganguro,...

Kogyaru ou Gyaru (コギャル、ギャル aussi orthographié (Ko)gal ou (Ko)Girl) est une sous-culture, c'est à dire un groupe de filles et de jeunes femmes dans les villes japonaises. L'étymologie est disputée. Le terme est généralement vu comme dérivé du terme japonais pour « lycée », kōkō (高校), mais d'autres pensent que l'origine vient de ko (子), le mot japonais pour « fille » ou « enfant ». Certains ont avancé que le Ko serait une contraction de Komuro d'après Tetsuya Komuro, producteur de la chanteuse de J-Pop Namie Amuro qui a lancé la mode Kogal au début des années 90, bien que cette hypothèse soit probablement fantaisiste et postérieure. La deuxième partie gyaru vient de l'anglais gal (girl). On rencontre parfois l'orthographe kogaru mais il s'agit d'une transcription erronnée du japonais kogyaru.

Canalblog_loose_socks16Généralement une kogyaru est une jeune fille de 12 à 25 ans, portant minijupes, vêtements à la mode et accessoires tape-à-l'œil. Les Kogâru veulent avoir l'air jeunes. Le plus jeune, le meilleur. Elles portent des uniformes d'écolières pour sortir en ville, aller à des rendez-vous, probablement même pour dormir. Bien que portant des uniformes, elles aiment à les détourner, portant par exemple des T-shirts tellement longs qu'ils descendent plus bas que la robe d'écolière. Avec ces "loose socks" sortes de grande chaussettes (entre 90 et 120 cm quand même !) qui sont retroussées sur leur mollets, la jupe plissée raccourcie au possible, la chemise portée en dehors de la jupe quand elles n'ont pas un T-shirt tellement ample qu'il retombe plus bas que la jupe. Les ongles sont fait façon "artistique, cheveux décolorés et parfois frisés, maquillée à outrance, la peau est souvent bronzée et elle peuvent aussi porter des "platforms shoes" mais ce n'est pas systématique pour elles...

Story Les Ganguro sont une des deux grandes modes, avec les Kogâru, chez les jeunes femmes excentriques. "Ganguro", littéralement traduit en français signifie "visage noir". Elles cherchent à avoir l'air noires et américaines (leur idole étant Lauryn Hill). Pour ces raisons elles fréquentes les salons de bronzage artificiel, s'achètent des lampes à bronzer et se maquillent la face avec du fond de teint brun. Pour celles qui ont les moyens, elles iront jusqu'à changer leur chevelure japonaise, en une coiffure "afuro" (comprendre afro), ce qui n'est pas une mince affaire puisque ça prend une demi-journée.  Mini-jupe rosé, bottes blanches à semelles compensées, teint cuivré aux rayons, maquillage pastel, dessous des yeux fortement soulignés en blanc et coiffure à la Barbie, voici une Ganguro, « visage noir ».

Voici maintenant le défilé des « look ». Élancée, short ultra-court zébré blanc et noir, yeux charbonneux, rouge à lèvres violacé et manteau lui battant les talons, c'est une amazone. Une nouvelle figure féminine des quartiers branchés. Les Amazonesu, sexy, avec un petit côté « cuir » ne sont plus une minorité pour longtemps.Entre autres : « à la vieille de la montagne » Yamamba air, l'aspect crasseux (dirty look) ou l'incontournable style Kawai (mignon) c'est-à-dire un peu « nunuche ». Le look se construit dans une surenchère ahurissante de couleurs, de formes et de matières ; les Decora-chan, sortes de poupées anglaises noyées sous les rubans et les festons, ou des Cyber-kei au look futuriste ; le Kosupure ou Cosplay (de l'américain : costume play), un avatar moderne d'une tradition du travestissement qui a ses lettres de noblesse avec les acteurs adulés du Kabuki jouant des femmes ou les actrices de la troupe théâtrale Takarazuka qui interprètent des rôles masculins dans des comédies musicales on ne peut plus populaires.

Les Kogyaru, du japonais Ko « petite », et de l'américain gai, « fille » se défoncent dans le look, elles  sont les filles de la prospérité : récession ou non, une vie facile leur semble la norme. La « génération Shibuya » n'est ni revendicative, ni rebelle : elle sacrifie à un conformisme décalé par rapport au canon conventionnel. La jeunesse Shibuya est-elle l'avant-garde d'un nouveau Japon ? Elle constitue assurément une minorité, un peu « jetée » aux yeux de la majorité des jeunes du même âge. Mais elle reflète aussi des mutations de valeurs et de modes de vie. Les «fringues» ne sont pour elles qu’un alibi. Traîner à Shibuya, c’est surtout errer à la recherche d’une identité (on parle, d’ailleurs, de visual identity). Mais cet anticonformisme très apprêté a fini par devenir une nouvelle forme de conformisme. Rien ne ressemble plus à une fille de Shibuya qu’une autre. Et leur mot-clef reste mureru, «se retrouver en bande pour partager» sinon la même philosophie de la vie, du moins la même excentricité ou le courage d’exhiber une partie de son corps.

Le phenomène Enjo kōsai

Enjo kōsai (援助交際, えんじょ こうさい) est un mot japonais signifiant « (faire) connaissance pour aider » ou « sortie pour support ». C'est une pratique japonaise où des jeunes lycéennes sont payées par des hommes plus âgés pour les accompagner (escort girl) et parfois pour leur rendre des services d'ordre sexuel. La plupart des observateurs, notamment étrangers, regardent cela comme une forme de prostitution infantile, bien qu'il n'y ait pas forcément d'activité sexuelle ; elle n'inclue souvent même pas le baiser ou le fait de se tenir les mains.

L’enjo kōsai est lié à la sous-culture de consommation Kogal (voir article précedent ). Il est apparu après la fin du boom économique des années 1980, et de nombreux observateurs pensent qu'il a été une façon pour les jeunes filles de préserver le style de vie de cette époque, en dépit de la situation économique plus difficile de leur famille. Selon des estimations variées, 11 à 23% des lycéennes pratiquent l’enjo kōsai, avec ou sans acte sexuel. La Lolita fait toujours recette sur le marché érotique Nippon.

Les love hotels (Dogenzaka) proposent des chambres pour seulement quelques heures. Leurs chambres sont très confortables et joliment décorées. La discrétion est maximum: on ne voit jamais le personnel... Dans les ruelles autour des love hotels on voit surtout circuler (l'air de rien...) de jeunes couples à la recherche d'un lieu discret pour quelques heures d'intimité, la place leur faisant défaut à la maison. Parfois on peut apercevoir un couple bien mal assorti: une lycéenne en uniforme (kogyaru) et un "salary man", engagé dans une douteuse négociation (enjo kosai)...

Takeshi's

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Genre : Comédie dramatique
Pays : Japon
Année : 2005
Réalisateur : Takeshi Kitano
Acteurs : Beat Takeshi Kitano, Kotomi Yono, Kayoko Kishimoto


La bande annonce

Synopsis :
Beat Takeshi vit l’existence rapide, occupée parfois surréaliste d’une célébrité du showbiz. Son sosie blond s’appelle Kitano et s’épuise à décrocher un rôle. Kitano a une personnalité effacée, timide il travaille pour vivre dans une épicerie. Après avoir croisé Beat et avoir passé une série d’auditions frustrantes, Kitano semble tomber dans une série de cauchemars éveillés où Beat et lui se confondent…

Commentaires :
Takeshis’ est une vision façon fête foraine cauchemardesque de la complexe psyché d’un cinéaste : Takeshi Kitano. Frappant là où on ne l’attendait pas, le cinéaste déverse sans retenue un torrent d’images décousues, de visions, drolatiques, violentes ou oniriques sans qu’apparaisse à aucun moment le moindre fil d’Ariane entre les scènes, excepté le thème du « double Takeshi ». Le film se compose de variations sur le thème de la schizophrénie réelle ou imaginaire autour de laquelle se construit la vie professionnelle de Takeshi Kitano : star populaire de la télévision japonaise en tant que Beat Takeshi ou cinéaste proclamé auteur par l’Europe sous le nom de Takeshi Kitano.

Takeshis’ pose des références constantes à son oeuvre : tueries ultra-violentes, contemplation sur une plage avec une femme ou un enfant, scènes singulières de silence, humour trash ou de comique de situation, etc. Une femme malveillante, totalement pénible, qui revient dans chaque scène pour exaspérer Takeshi jusqu’à la lie constitue par exemple une sacrée trouvaille de personnage, la « femme à baffes » en quelque sorte, suivie du yakusa débile, de l’enfant prodige et des frères sumos. Mais toutes ces pièces disparates, à l’instar du jeu de Mah-jong auquel sont accros les deux héros doppelgänger, sont constamment bousculées, dérangées remises en ordre, mélangées jusqu’à l’écœurement, jusqu’au délire le plus total.

L'art de la calligraphie

La calligraphie est un art à part entière en Chine, en Corée, au Japon.

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La calligraphie chinoise se réalise avec un pinceau, dont voici des exemples:






Voici les différents traits existants et la manière de les tracer:

point :
trait horizontal:
trait vertical :
courbe à gauche :
courbe à droite :
trait relevé à droite :
trait brisé :

-horizontal :
-vertical :
crochet :
-horizontal :
-vertical :
-oblique :

8 règles définissent l'ordre de traçage de ces traits:

1. Le trait horizontal avant le trait vertical.
2. La courbe à gauche avant la courbe à droite.
3. De haut en bas
4. De gauche à droite
5. L'extérieur avant l'intérieur
6. L'intérieur avant de fermer le cadre.
7. Le trait du milieu, le côté gauche puis le côté droit.
8. Le point en dernier

exception à la règle 1 : lorsqu'un trait horizontal se trouve en bas d'un caractère, il se trace en dernier.

Exemple : "étoile" décomposée:

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En Corée comme en Chine, la peinture est sœur de la calligraphie et de la poésie. Mais la peinture lettrée rejoint en Corée le goût de la nature. Tous les traits de chaque caractère d'une calligraphie rappelle un objet de la nature. Quatre « plantes nobles », le bambou, le prunier, l’iris et le chrysanthème renvoient à l’idéologie confucéenne, en suggérant le rythme des saisons et le temps qui s’écoule. Le bambou, éternellement vert, plie mais ne rompt pas, symbole de la loyauté et la fidélité. Le prunier fleurit avant la fonte des neiges et suggère le renouveau du printemps. L’orchidée évoque un monde de beauté à l’harmonie fragile et délicate. Le chrysanthème s’épanouit en plein cœur de l’automne.

Un bureau pour écrire, du papier et de l’encre, un encrier pour la délayer et en diminuer l’intensité, un pose-pinceau pour reposer la brosse, les objets du lettré frappent par leur simplicité.

Mais je n'en rajouterai pas plus, allez voir cette sublime démonstation !

Tous pareils

Bien que d’aucuns pourront trouver des similitudes extrêmes entre certaines doctrines chinoises et indiennes, comme par exemple entre le Tch’an et le Vedanta, pour Carl Jung*, la Chine et l’Inde devaient jouer deux rôles essentiellement différents dans la structuration de sa psychologie. En deux mots, il doit à l’Inde la notion de soi, et à la Chine celle de synchronicité.

Le Soi, c’est certainement l’emprunt de cette notion du soi à la philosophie indienne, qui va le plus profondément révolutionner la psychologie occidentale. Pour les Indiens, et plus particulièrement les védantistes, le soi est l’identité ultime, à moins que l’on ne préfère dire qu’Il est l’absence d’identité de la conscience. Ce soi impersonnel est notre réalité la plus intime, notre conscience à l’état pur. Et le moi - en fait le faux moi - n’est qu’un reflet déformé et trompeur de notre vraie nature. Sans intégrer toutes les implications métaphysiques de cette doctrine, Jung récupère néanmoins de quoi réorienter toute l’étiologie des psychopathologies, puisqu’il considère que la maladie psychique est le résultat du refus du moi de se subordonner à la totalité du soi.Le soi junguien est centre, totalité et finalité de la vie du psychisme humain. Comme dans le mandala, le soi est un centre à la fois vacuum - vide de toute forme - et soleil d’où émane l’énergie que les archétypes vont modeler. Mais il est aussi ce qui contient le conscient et l’inconscient.

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Le Soi qui est la lampe (1) brille de son propre éclat dans la chambre intérieure, c'est-à-dire, le corps causal (7) qui est doté de l'ignorance comme  mur intérieur (4) et du sommeil comme  porte (2); quand par le principe vital ,conditionné par le temps, le karma, etc, la porte du sommeil s’ouvre, se produit là une réflexion du Soi dans le miroir-ego (5) qui est placé à côté du seuil - Mahat-tattva; le miroir-ego éclaire ainsi la chambre moyenne, c'est-à-dire, l'état de rêve (8) et, par les fenêtres, qui sont les cinq organes des sens cognitifs (6), la cour extérieure, c'est-à-dire, l'état de veille. Quand, de nouveau, par le principe vital conditionné par le  temps, le karma, etc, la porte du sommeil se ferme, l'ego cesse, ainsi que l’état de veille et l’état de rêve, et le Soi seul brille à  jamais . L'exemple donné explique comment le Soi est toujours présent, et comment il y a la différence entre le Soi et l'ego et comment les trois états d'expérience, les trois corps, etc, apparaissent.

La Chine, quant à elle, devait lui apporter un dépaysement culturel radical qui favorisa grandement sa découverte du psychisme humain. Ce qu’il retint surtout de la philosophie chinoise fut “le caractère paradoxal et la polarité des êtres vivants." C’est avant tout dans le Yi King qu’il trouve cette science de la complémentarité, et plus exactement dans ces descriptions “du yang atteignant sa force la plus grande pendant que le yin croît à l’intérieur de lui”. Ce jeu des polarités ne peut qu’inspirer à Jung un modèle psychologique d’une grande souplesse grâce auquel pourront enfin s’expliquer ces cas de patients dont l’inconscient (yin) réagit soudain par une crise névrotique inattendue au moment même où le conscient (yang) est au plus haut de sa forme et en pleine possession de ses moyens. Mais, comme on le sait, le Yi King, c’est aussi le livre des mutations. Et Jung, passionné par cette figuration chinoise des évolutions, y puisa un concept clé de sa psychologie : le “dépassement” des conflits intérieurs. Pour lui, en effet, les problèmes psychologiques graves restent insolubles, dans la mesure où ce n’est évidemment pas le moi limité et fractionné qui saurait jamais les résoudre. En revanche, ils peuvent être dépassés, puisque ce moi semble tout de même capable d’accepter de laisser agir le soi en lui. Et c’est ici toute la sagesse, chinoise et universelle, du wou-wei, du non-agir, que Jung veut réactualiser. “Dans le domaine psychique, il faut pouvoir laisser advenir”, affirme-t-il, ouvrant ainsi la voie à la notion d’autoguérison psychique qui sera par la suite si chère à Grof. Enfin, le Yi King, par son mode opératoire même, lui révèle l’existence d’un phénomène qui restera essentiel dans la vision junguienne : la synchronicité. Tout le monde connaît l’anecdote du scarabée heurtant la vitre du cabinet de Jung au moment même où sa patiente lui confiait qu’elle avait rêvé d’un scarabée d’or, symbole de renaissance. Cette émergence brutale de l’irrationnel frappa Jung qui y vit une coïncidence signifiante qu’il nomma synchronicité.

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* Né en Suisse, près de Zürich, en 1875, Carl Gustav Jung, fils de pasteur, fit tout d’abord des études de médecine à Bâle, puis devint l’assistant de Bleuler, pour être enfin médecin-chef de la clinique psychiatrique de l’université. Mais c’est bien entendu sa rencontre, en 1907, avec Freud dont il deviendra le “disciple bien aimé”, que retiendra l’histoire, et surtout, quelques années plus tard, sa rupture avec le fondateur de la psychanalyse, pour ne pas dire sa trahison lorsque, rebuté par le matérialisme freudien, il créa une nouvelle école de psychologie analytique visant précisément à intégrer toutes ces notions spirituelles que Freud rejetait avec tant de conviction.

Zebraman

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Genre : Comédie, Science-fiction
Pays : Japon
Année : 2004
Réalisateur : Takashi Miike
Acteurs : Sho Aikawa, Kyoka Suzuki, Teruyoshi Uchimura



Synopsis :
Shinichi est un minable. Prof maltraité par ses élèves, trompé par sa femme, qui laisse sa fille se prostituer, il se rève en Zebraman, super héros d’une vieille série télé. On est censé être en 2010. Les extraterrestres envahissent le Japon. Shinichi découvre malgré lui qu’il a des super pouvoirs. Un de ses élèves est persuadé qu’il est la réincarnation de Zebraman. Et c’est vrai : Shinichi est le sauveur que le Japon attendait. Au boulot, Zebraman !

Commentaires :
Le film prouve en effet que quand le réalisateur assume son total dénuement de moyen technique et l'impuissance de sa mise en scène, il sait compenser par un ton étrangement sensible, drôle et émouvant, qui montre qu'en trouvant des solutions adaptées à une esthétique quasi nulle on peut trouver une cohérence à cette dernière. Parodie sans excès, un second degré proche du néant, Miike a souhaité mettre en scène le dépassement de soi, avoir la foi nous amène à nous dépasser ... Pourquoi pas ? On peut aussi penser que le respect et la personnalité de l'homme se gagnent en accomplissant des choses, en ayant un but dans la vie. Au départ un prof effacé, à la fin, un super héros qui sauve le monde. Ca ressemble à un film de super héros typique mais c'est un mélange entre Bioman et la chronique sociale d'un japon décadent et décalé (le héros est un instit minable que sa femme trompe pendant que sa fille couche avec le premier venu, en l'occurrence un maniaque sexuel se déguisant parfois en crabe pour commettre ses méfaits). Dans Zebraman les institutions sont bancales : l'école avec sa surveillance de plus en plus poussée mais inefficace, la cellule familiale en pleine dissolution, des militaires faisant une enquête sans qu'on les écoute vraiment, le gouvernement Japonais se faisant donner des ordres par les américains. Une telle prétention rhétorique chez ce cinéaste anarchiste mercantiliste (curieux paradoxe) fait toujours un peu sourire, mais après-tout ça n'a pas grande importance.

Le Hangeul

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Le hangûl ou hangeul 한글 est un alphabet créé pour transcrire la langue coréenne. Le but de la création de cet alphabet était de réduire le taux d'analphabétisme en Corée. Son utilisation en tant qu’écriture officielle n’a été promulguée qu'en 1894.
Il s'agit d'un alphabet monocaméral (qui n'oppose pas les capitales et les minuscules) de 51 lettres, appelées jamos. Selon Louis-Jean Calvet, « le hangeul se fonde sur une analyse très précise de la phonologie de la langue, et la précision de cette écriture, sa parfaite adéquation à la langue coréenne, font que le hangeul est souvent présenté comme le meilleur alphabet du monde »

Le hangeul est un système alphabétique comprenant 51 lettres, appelées jamos (자모, hanja : 字母, les caractères mères). Ces jamos sont divisés en plusieurs catégories :
    * 14 consonnes de base (자음/子音 jaeum)
    * 5 consonnes doubles (쌍자음/雙子音 ssang jaeum)
    * 11 groupes de consonnes (복자음/複子音 bok jaeum)
    * 10 voyelles de base (모음/母音 moeum)
    * 11 voyelles composées (쌍모음/雙母音 ssang moeum)

Tous les symboles de Hangeul sont écrits de haut en bas et de gauche à droite. L'ordre de traçage est  illustré ci-dessous. Les courbes ne sont jamais interrompues, pas même lorsqu'elles changent de direction à mi-chemin.

Les consonnes :

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Les voyelles :

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L'alphabet coréen ne mélange pas les consonnes et les voyelles. Comme aucun mot ne commence graphiquement par une voyelle, l'ordre des consonnes est le plus important puisque c'est celui qui est utilisé pour classer les mots dans un dictionnaire. L'ordre des voyelles vient ensuite pour classer les mots commençant par la même consonne.

La structure graphique du hangeul est originale : en effet, inspirée par celle des sinogrammes (qui ne sont pas de nature alphabétique), elle dispose chaque syllabe construite au moyen des jamo dans un carré virtuel créant un alignement régulier. En sorte, l'unité graphique est la syllabe et non le phonème (on ne peut en effet pas écrire les jamo indépendamment sauf pour des raisons didactiques), sans pour autant que l'écriture ne soit un syllabaire car chaque syllabe peut être logiquement construite ou lue à partir des signes représentant les phonèmes. Il s'agit donc d'un alphabet dont les lettres se regroupent en syllabes alignées comme les sinogrammes. L'écriture coréenne est une des seules, en Asie, à pratiquer l'espacement entre les mots.

Si vous voulez commencez à apprendre le hangeul rendez-vous sur KBS World Radio ...

Noraebang, Karaoke

Cimg0501_1Le Noraebang (de 노래, chanson et 방, pièce) est le pendant coréen du karaoké* japonais. Mentionnés dans les annales de l’histoire de la Chine sous le terme de « peuple qui chante », les coréens font encore honneur à cette antique réputation et fréquentent assidument les quelques (dizaine de ?) milliers de noraebangs du pays. Bon marché et faciles d´accès, ces Noraebang occupent souvent les sous sol de bâtiments dans les rues commercantes et autres quartiers d'habitations. Il est tout simplement impossible de marcher plus de 100m dans une grande agglomération coréenne (Seoul, Pusan, etc.) sans en trouver un.

Les chansons disponibles sont référencées dans un ou plusieurs annuaires où se trouvent les codes à rentrer dans un boîtier pour les lancer sur la machine. Pour suivre les modes et la production toujours plus rapides des maisons de disques coréennes, les noraebangs se doivent de tenir régulièrement à jour leurs annuaires afin de ne pas perdre leurs clients les plus branchés. Les paroles défilent sur des écrans télévisés ou sur une toile grâce à un vidéoprojecteur. En fond défilent des images sans grand rapport avec la chanson, souvent des paysages de vacances, de nature... Peu importe, ce qui compte c'est de chanter et de s'amuser.

Ce phénomène touche tous les âges et toutes les classes sociales, il n'est pas rare de voir des employés de bureau se rendre avec leurs collègues au Noraebang (c'est le Nomikai ). On peut aussi y consommer toutes sortes de boissons et de plats tout en chantant et en encourageant les chanteurs d'un soir.

*Le karaoké (カラオケ)Le mot japonais kara (空) veut dire « vide », et oké est le raccourci d'orchestre, ce qui peut signifier que le chanteur n'a pas besoin qu'un orchestre soit présent pour chanter.

Nomikai à l'Izakaya

Izakaya8yt_1 Nomikai (飲み会) signifie littéralement « réunion pour boire », et désigne les soirées que font les japonais pour se détendre. C’est un des nombreux néologisme dont les Japonais rafollent, contraction du japonais nomu 飲む (”boire”) et de l’anglais “communication”. La communication par l’alcool... Ces soirées se déroulent généralement en Izakaya, un genre de bar-restaurant. L'izakaya ou isakaya(居酒屋) occupe au Japon la place qu’occupe en Angleterre le pub, en France la brasserie ou le restaurant à tapas en Espagne.

Très fréquentée le soir, on y commande des rations de plats chauds ou froids que l’on se partage entre amis ou collègues dans une ambiance décontractée. La carte, plus ou moins élaborée, va de quelques plats familiaux à une carte presque gastronomique et peut être complétée par des plats du jour, le poisson du marché, la marmite de saison. Littéralement, l'izakaya est un lieu où l’on sert des boissons alcoolisées. De plus, dans les izakaya, on opte generalement pour une formule du type nomihoudai (飲み放題 “alcool a volonte”), pour une duree limitee. L’alcool est ici associé exclusivement aux divertissements (遊び asobi, a mettre en opposition avec tout ce qui est 仕事 shigoto - le travail), au temps libre, et donc au monde de la nuit. Du moins en théorie. Les izakayas servent aussi bien à boire qu'à manger. On peut dans une izakaya de quartier simplement venir boire un verre et picorer quelques Tsukemono en discutant avec la patronne en attendant d'avoir une plus grande faim ou l'arrivée de ses amis. Les plats sont commandés au cours de la soirée et servis à la table ou sur le comptoir.

Dans les quartiers animés de Tokyo ou Osaka, certaines isakaya peuvent occuper plusieurs étages, d’autres, minuscules, accueillent une poignée d’habitués du voisinage d’un quartier résidentiel. On se retrouve generalement dans des sortes de box, mais les cloisons sont generalement tres fines, et pour peu que vous ayez l’ouie fine, rien des discussions des voisins ne vous echappera. Hommes d’affaires avines, etudiants en goguette portant toast sur toast, goukon (合コン ou konpa コンパ une sorte de repas ou le nombre d’hommes et de femmes est le meme.

Le fait que la majorite des employes de ce genre d’etablissements sont des etudiants en baito (petit boulot, generalement a temps partiel), payes assez peu pour des horaires hyperflexibles peut aussi explique la souvent pietre qualite du service (pour des standards japonais) : insecte surgissant du kimuchi qu’une serveuse bougonne vous remplacera d’un air dedaigneux, voire carrement un serveur qui trebuche et renverse sur votre veste l’integralite de son plateau

Les Japonais font assez peu de soirees chez eux, pour ne pas dire pas du tout, et ce genre de soiree permet de rencontrer des membres du sexe oppose dans un cadre un peu moins formel qu’au travail…). Si on parle de nomikai pour une sortie entre amis, le véritable phénomène de société est la nomikai entre collègues de bureau. Le mode de vie ( horaires de travail, transport en commun, travail des femmes... ) du citadin japonais et en particulier du salaryman ( plus qu'un type de poste ou de responsabilités, ce mot désigne un style de vie masculin, dans lequel le travail et les collègues de travail occupent l'essentiel du temps et des centres d'intérêts du salaryman ) en font de loin le premier consommateur au monde de restauration hors foyer. Dans ces conditions, L'izakaya est autant un lieu de consommation que de socialisation où sont évoqués les derniers sujets à la mode, les difficultés du travail ou les nouvelles de la chronique familiale. C'est un lieu très apprécié au Japon. Les japonais vont souvent là-bas entre collègues après le travail. Car en fait, ces nomkai, malgré leur apparence détendue et conviviale, font elles aussi partie des heures supplémentaires ! Les rapports hiérarchiques ne disparaissent pas avec l’alcool, loin de là (on sert a boire a son boss, on ne s’assied pas n’importe ou ni n’importe comment, on continuera a nepas s’adresser de la meme façon a quelqu’un qui vous est supérieur, sur le même niveau, ou inférieur - quelque soitle degré d’alcool)…
Si les Japonais donnent parfois l’impression d’être timides, c’est que souvent ils entretiennent une différence marquée entre l’opposition sphère privée / sphère publique, uchi 内 (”intérieur”)/soto 外 (”extérieur”), le tatemae 建前 (la “façade sociale”) et le honne 本音 (la “vraie personalité”, réservée aux proches). Le plus affable des salarimen pourra ainsi se révéler parfois un connard lubrique et grossier dans l’intimité. Pour maintenir en permanence ce “masque social”, une tension nerveuse permanente est nécessaire, mais aussi des moments de relachement total, ou c’est généralement l’alcool qui permettra a tout ce petit monde de se détendre un peu, et de sortir tout ce qu’il a sur le coeur.

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