Le keitai universel
Le keitai, telephone portable, est l'accessoire avec un grand A. Dans les rues des villes comme dans les trains, les gens gardent les
yeux rivés sur les petits écrans de leurs téléphones portables. Personne ne saurait s'en passer et il est utilisé en permanence, soit pour téléphoner, soit pour sa fonction internet qui permet d'envoyer des messages, de rechercher des informations ou de télécharger des nouvelles sonneries musicales (chakumero). Nombreux sont également ceux qui font usage de leur téléphone portable
comme d’un appareil photo pour tirer des clichés numériques de leurs
moments privilégiés .
Le nombre d’abonnés au keitai au Japon a gonflé ces dernières années pour atteindre près de quatre-vingts millions. Pratiquement tout le monde en possède un à l’exception des personnes âgées et des enfants. Depuis le milieu des années 90, le téléphone mobile avec ses fonctions annexes comme l'équivalent local des SMS/MMS, le cHtml et la vidéo, est devenu un phénomène culturel, facilité par le déploiement des nouvelles technologies de téléphonie, dont l'i-mode, plus rapidement que dans d'autres pays. Le "keitai" (téléphone portable) devient l'interface de dialogue idéale entre l'Homme et son environnement. Le PC, longtemps au centre de tout, n'est plus qu'un ordinateur parmi d'autres. De fait, au Japon, le "keitai" a déjà détrôné le PC pour l'échange de mails, l'accès aux sites internet, ou l'achat de musique en ligne.
Il est en train de concurencer les cartes de crédit à puce pour le paiement dans les boutiques. Il sert de navigateur GPS, de système de télésurveillance pour la voiture ou le domicile, et même de télécommande domotique pour gérer la climatisation à distance.
Baptisé "tsuugaku keitai" (littéralement portable du chemin des cours), ce téléphone avec récepteur de localisation (GPS) intégré transmet automatiquement selon des critères prédéfinis des informations sur sa localisation par e-mail à une adresse donnée (par exemple celle du portable des parents). Ce service permet ainsi, entre autres, de s’assurer que l’enfant porteur du téléphone se trouve bien à l’école à l’heure prévue. "Comme les parents peuvent savoir où se trouve leur enfant, y compris en dehors de l’école, ils se sentent rassurés", explique KDDI dans un communiqué. Bien que le taux de criminalité au Japon soit extrêmement faible, les parents sont enclins à réclamer des mesures de sécurité renforcées dans les écoles et alentours à la suite de plusieurs affaires d’enlèvements ou de disparitions qui avaient frappé l’opinion publique.
Une société nippone de services destinés aux promoteurs immobiliers leur propose un nouvel outil de promotion qui permet de visionner l’intérieur d’un appartement en vidéo sur un téléphone portable, simplement en photographiant une sorte de code-barres associé à la petite annonce. La quasi-intégralité des téléphones portables nouvellement mis en vente au Japon sont compatibles avec les QR Code, et parmi le parc installé (90 millions d’unités), environ un tiers est capable de lire les QR Codes, selon les chiffres du ministère des Télécommunications.
Les QR Codes, des carrés tachetés de noir et de blanc, permettent de stocker sous forme cryptée une importante quantité d’informations, y compris en "kanjis" (idéogrammes). Apposés sur les cartes de visite, ils permettent par exemple une saisie directe des coordonnées complètes d’une personne dans le répertoire d’un téléphone par simple photographie, sans rien saisir à la main. Pour pouvoir interpréter les QR Codes, les téléphones portables doivent être dotés d’un petit programme pré-installé ou téléchargé












