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Nomikai à l'Izakaya

Izakaya8yt_1 Nomikai (飲み会) signifie littéralement « réunion pour boire », et désigne les soirées que font les japonais pour se détendre. C’est un des nombreux néologisme dont les Japonais rafollent, contraction du japonais nomu 飲む (”boire”) et de l’anglais “communication”. La communication par l’alcool... Ces soirées se déroulent généralement en Izakaya, un genre de bar-restaurant. L'izakaya ou isakaya(居酒屋) occupe au Japon la place qu’occupe en Angleterre le pub, en France la brasserie ou le restaurant à tapas en Espagne.

Très fréquentée le soir, on y commande des rations de plats chauds ou froids que l’on se partage entre amis ou collègues dans une ambiance décontractée. La carte, plus ou moins élaborée, va de quelques plats familiaux à une carte presque gastronomique et peut être complétée par des plats du jour, le poisson du marché, la marmite de saison. Littéralement, l'izakaya est un lieu où l’on sert des boissons alcoolisées. De plus, dans les izakaya, on opte generalement pour une formule du type nomihoudai (飲み放題 “alcool a volonte”), pour une duree limitee. L’alcool est ici associé exclusivement aux divertissements (遊び asobi, a mettre en opposition avec tout ce qui est 仕事 shigoto - le travail), au temps libre, et donc au monde de la nuit. Du moins en théorie. Les izakayas servent aussi bien à boire qu'à manger. On peut dans une izakaya de quartier simplement venir boire un verre et picorer quelques Tsukemono en discutant avec la patronne en attendant d'avoir une plus grande faim ou l'arrivée de ses amis. Les plats sont commandés au cours de la soirée et servis à la table ou sur le comptoir.

Dans les quartiers animés de Tokyo ou Osaka, certaines isakaya peuvent occuper plusieurs étages, d’autres, minuscules, accueillent une poignée d’habitués du voisinage d’un quartier résidentiel. On se retrouve generalement dans des sortes de box, mais les cloisons sont generalement tres fines, et pour peu que vous ayez l’ouie fine, rien des discussions des voisins ne vous echappera. Hommes d’affaires avines, etudiants en goguette portant toast sur toast, goukon (合コン ou konpa コンパ une sorte de repas ou le nombre d’hommes et de femmes est le meme.

Le fait que la majorite des employes de ce genre d’etablissements sont des etudiants en baito (petit boulot, generalement a temps partiel), payes assez peu pour des horaires hyperflexibles peut aussi explique la souvent pietre qualite du service (pour des standards japonais) : insecte surgissant du kimuchi qu’une serveuse bougonne vous remplacera d’un air dedaigneux, voire carrement un serveur qui trebuche et renverse sur votre veste l’integralite de son plateau

Les Japonais font assez peu de soirees chez eux, pour ne pas dire pas du tout, et ce genre de soiree permet de rencontrer des membres du sexe oppose dans un cadre un peu moins formel qu’au travail…). Si on parle de nomikai pour une sortie entre amis, le véritable phénomène de société est la nomikai entre collègues de bureau. Le mode de vie ( horaires de travail, transport en commun, travail des femmes... ) du citadin japonais et en particulier du salaryman ( plus qu'un type de poste ou de responsabilités, ce mot désigne un style de vie masculin, dans lequel le travail et les collègues de travail occupent l'essentiel du temps et des centres d'intérêts du salaryman ) en font de loin le premier consommateur au monde de restauration hors foyer. Dans ces conditions, L'izakaya est autant un lieu de consommation que de socialisation où sont évoqués les derniers sujets à la mode, les difficultés du travail ou les nouvelles de la chronique familiale. C'est un lieu très apprécié au Japon. Les japonais vont souvent là-bas entre collègues après le travail. Car en fait, ces nomkai, malgré leur apparence détendue et conviviale, font elles aussi partie des heures supplémentaires ! Les rapports hiérarchiques ne disparaissent pas avec l’alcool, loin de là (on sert a boire a son boss, on ne s’assied pas n’importe ou ni n’importe comment, on continuera a nepas s’adresser de la meme façon a quelqu’un qui vous est supérieur, sur le même niveau, ou inférieur - quelque soitle degré d’alcool)…
Si les Japonais donnent parfois l’impression d’être timides, c’est que souvent ils entretiennent une différence marquée entre l’opposition sphère privée / sphère publique, uchi 内 (”intérieur”)/soto 外 (”extérieur”), le tatemae 建前 (la “façade sociale”) et le honne 本音 (la “vraie personalité”, réservée aux proches). Le plus affable des salarimen pourra ainsi se révéler parfois un connard lubrique et grossier dans l’intimité. Pour maintenir en permanence ce “masque social”, une tension nerveuse permanente est nécessaire, mais aussi des moments de relachement total, ou c’est généralement l’alcool qui permettra a tout ce petit monde de se détendre un peu, et de sortir tout ce qu’il a sur le coeur.

Restauration ambulante

Img_1679_1 Les yataï, au Japon, ou pojang matcha, en Corée, sont des petits restaurants ambulants. Installés généralement sous les ponts des chemins de fer ou le long des routes ces services mobiles de restauration font égalemnt le charme des fêtes (matsuri) des lieux saints et des foires populaires (ennichi). Ils sont ouverts en début de soirée jusqu’à tard dans la nuit.

Les yatai offrent des petits plats vite consommés: râmen (nouilles chinoises), okonomiyaki (une sorte de crêpe-omelette), oden (pot-au-feu japonais), soba et udon, etc... Les prix tournent autour des ¥500 et ils servent aussi de la bière et du saké.Pendant les matsuri et les ennichi, les yatai vendent aussi des confiseries variées qui font la joie des enfants.

Les Yatai - littéralement signifiant le chariot avec le toit - trouvent leurs origines à la période d'Edo, quand les fournisseurs ont commencé la première fois à rouler leurs articles par la rue. Dans le passé ils ont été souvent associés au côté minable de la vie japonaise, avec beaucoup de Yatai tenus par les yakuza. Tandis que les établissements nomades d'aujourd'hui sont tenus librement, certains sont toujours endettés au yakuza ou sont surveillés par une « organisation »; souvent les propriétaires doivent effectuer des paiements de « gratitude ». Mais les nouveaux tenanciers de Yatai sont de plus en plus pour neutraliser les problèmes potentiels dù aux yakuza. Techniquement, des permis sont exigés pour ouvrir un stand et beaucoup d'autorités locales sont devenues plus clémentes avec le yatai de nouveau-modèle ces dernières années, avec environ 820 permis publiés en 2000 - bien que ça été un déclin significatif de l'apogée des yatai. A Tokyo, les soucis concernant l'hygiène contribuent égalementr au déclin.

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