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Le genre Yurei Eiga

La religion shintô, embrassée avec le bouddhisme par plus de 80 % des Japonais, est basé sur la croyance en une infinité d’esprits (kami) et de dieux : il en existerait plus de huit millions ! Et seraient présents dans chaque élément de la vie (humains, animaux, minéraux, végétaux, phénomène climatique...). Pour s’attirer leurs bonnes grâces, les apaiser ou les chasser s’ils sont mauvais, des prêtres shintô exécutent de nombreux rites. Dans certains villages, les habitants pensent que les maladies ne sont que la conséquence d’une possession par des esprits néfastes ou par d’animaux magiques. Des prêtres se livrent alors à des exorcismes (oharai). Il est plus fréquent qu’ils se livrent à des rites de purification d’un lieu lors de l’inauguration d’une boutique ou de la construction d’une maison.

Les yurei eiga se nourrissent également de tout le patrimoine que représente le théâtre Kabuki (et sa forme plus ancienne, le No). Medium_yurei_2De cette tradition scénique, la représentation du fantôme conserve ainsi un aspect théâtral marqué.l'esthétique classique du fantôme japonais (s'étendant assez largement à la représentation chinoise ou coréenne):
souvent une femme, parfois défigurée et livide, portant de longs cheveux noirs, vêtue d'une robe blanche (couleur du deuil au Japon), avançant les paumes en dedans et les bras repliés (le dessus des mains représentant le Yin, énergie négative), surgissant des puits ou des forêts dans le but de se venger des êtres responsables de sa mort ou de terroriser des personnes au comportement immoral.

 Baignant dans le culte des esprits depuis quinze siècles, le Japon d’aujourd’hui possède un climat propice à accueillir le renouveau du film de fantômes (yurei eiga).Aujourd'hui, s'il y a un endroit sur la planète où les esprits fourmillent en terme de cinéma fantastique, c'est au Japon. On citera bien sur Ring, mais aussi Dark Water, The grudge,et Red Eye (film coréen).

Le cinéma coréen

La Corée est un pays extrême-oriental, une péninsule prise en sandwich entre la Chine et le Japon, séparée de l’un et de l’autre par, respectivement, la mer Jaune et la mer du Japon, et surplombée par la Mongolie, un "lapin qui regarde à l’ouest" (c’est ce qu’évoquent ses contours géographiques).

Les Coréens (à Séoul en tout cas) découvrent le cinéma à la fin du 19e siècle. La date officielle de la naissance du cinéma coréen est le 27 octobre 1919 : "Juste vengeance" (10’), ciné-drame (qui mêle théâtre et cinéma).Ce film, ainsi que d’autres, fait appel à la conscience nationale - la nation étant représentée par une jeune fille violentée - dans un pays colonisé. L’oppression va se durcir à l’entrée en guerre du Japon et les cinéastes doivent réaliser des films pro-japonais.
À la fin de la guerre mondiale, l’enthousiasme de la libération va se répandre dans le cinéma, puis s’estompe pour laisser place à la réflexion. La guerre de Corée interrompt la production cinématographique, qui ne reprendra qu’en 1953, au sud d’un côté (celui auquel nous avons accès), au nord de l’autre (dont nous ignorons à peu près tout).
En 1969, c’est le coup d’état de Pak Chonghui, la politique oppressive, censure, destruction de l’industrie cinématographique et, en 1972, la Constitution de Yusin entre en vigueur, donnant le pouvoir absolu au président de la « république ». Pour le cinéma : système d’autorisation pour la fondation d’une société de production ; la production indépendante ou individuelle est interdite - les producteurs indépendants comme ceux des USA ou du Japon sont soumis à des sanctions judiciaires et la distribution de ces films devient illégale -, obligation aux sociétés de production autorisées de produire au minimum quatre films par an avec contrôle des sujets (censure).
En 1986-1987, la Corée du Sud connaît d'important bouleversements politiques avec l'ouverture à la démocratie, une démocratie ultra-libérale. La loi sur la production est révisée, le système des ‘screen-quotas' est instauré (146 jours de films coréens par an projetés en salles). Ce système va connaître des modifications (suppression, réhabilitation, variation du nombre de jours) et reste précaire en raison de la pression états-unienne qui pèse de tout son poids (qui n'est pas plume). La situation économique actuelle du cinéma coréen ressemble à celle qu'a connue Hong Kong il y a quinze ans.

Artistiquement cependant, contrairement au cinéma de Hong Kong, fondé sur la tradition des arts martiaux, le cinéma coréen ne s'est pas constitué à partir de genres qui se distingueraient du reste du cinéma mondial.
Sa principale originalité est le mélodrame confucéen, bien différent de ce qu'on connaît du mélodrame par ailleurs.A travers l'exposé des contradictions d'un sujet (souvent fidélité ou infidélité conjugale), nées d'un conflit avec les pressions morales imposées par la vie en société, le mélodrame instruit le dossier, défend certaines valeurs, propose quelques amendements au gré de l'évolution des moeurs, tout en prônant la noblesse et la pureté de sentiments, quitte à dénier toute réalité au désir sexuel.
Le mélodrame historique a, quant à lui, pour tâche d'exprimer une émotion, le "Han", élevée au rang de conscience nationale et où se mêlent amertume et rancoeur au terme de sacrifices non récompensés. Un état d'esprit qui résume l'histoire du pays, des invasions japonaises à la partition actuelle.
Une autre ligne, plus récente, du cinéma coréen a opté pour un tableau inversé où l'activité sexuelle est l'argument majeur des films. L'activité des corps devient un édifice cru, filmé sans fiorirtures, qui sous-tend les enjeux complexes du désir humain, intime et social.
À l’instar du Japon (voir le film "Battle Royale" par exemple), le système éducatif coréen laisse songeur, du moins à travers ce que nous en montrent les films qui nous parviennent.

Ring

69197961_af_1 Genre : Horreur
Pays : Japon
Année : 1998
Réalisateur : Nakata Hideo
Acteurs : Matsushima Nanako, Nakatani Miki, Sanada Hiroyuki, Numata Yo La

La bande annonce :


Synopsis :

Un soir, seules à la maison, deux lycéennes se font peur en se racontant une mauvaise blague. Une étrange rumeur circule à propos d'une cassette vidéo qui, une fois visionnée, déclenche une terrible malédiction : une mort annoncée sept jours plus tard. Après le décès de sa cousine Tomoko Oishi, Reiko Asakawa, une jeune journaliste, enquête, mais très vite le maléfice la rattrape.

Commentaires :
S’inspirant également fortement des légendes et histoires de fantômes Japonais (tel Kwaïdan de Masaki Kobayashi – 1964) le film est bien encré dans la culture et les peurs du pays. Aussi, le spectateur occidental qui n’a pas forcément les mêmes angoisses culturelles (volcans et eau omniprésente,…) sera peut-être impliqué un peu moins directement que le spectateur Nippon. Cependant, rassurez-vous la peur (universelle celle-là) est entretenue tout au long du métrage. Pas d’effets chocs ni de gore mais une histoire savamment développée. Un récit angoissant à souhait qui contient malgré tout son lot d’évènements horribles, tel le tragique destin et les souffrances de Sadako. Notons que la réussite des effets de suggestion doit beaucoup à la partition stressante du compositeur Kenji Kawaï (dont les bruits stridents seront justifiés à la fin…écoutez bien !!).

Inspiré d’un roman de Koji Suzuki, le film fût un tel succès qu’il engendra 2 suites au cinéma (Ring 2 et Ring 0) ainsi que de nombreuses déclinaisons et séquelles, nommées ringu-like, telles Dark Water, La mort en ligne, Ju On: The Grudge, The Phone ...

Dark water

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Genre : Horreur
Pays : Japon
Année : 2001
Réalisateur : NAKATA Hideo
Acteurs : KUROKI Hitomi, KANNO Rio, OGI Shigemitsu, TOKUI Yu

La bande annonce :


Synopsis :

Yoshimi Matsubara vient de divorcer. Elle élève seule, dans des conditions difficiles, Ikuko, sa fille âgée de six ans. Pour améliorer leur quotidien, elle décide d'emménager dans un appartement plus grand. Mais une fois sur place, les lieux se révèlent insalubres. Des bruits étranges retentissent à l'étage supérieur. Puis, du plafond, commence à tomber de l'eau, qui, lentement, envahit le domicile. Chaque goutte devient alors une bombe destinée à faire voler en éclats la vie fragile de Yoshimi. Celle-ci ne trouve pas de travail. Son mari souhaite récupérer la garde de l'enfant. Le concierge n'entreprend pas de réparations dans l'immeuble... Peu à peu, l'horreur s'installe. Et à mesure que l'existence de Yoshimi se dégrade, ses pires cauchemars prennent forme.

Commentaires :
Elément central de Dark water, l'eau est un thème récurrent des films de Hideo Nakata, déjà présent dans Ring à travers le puits où se cache un lourd secret et Ring 2, les deux oeuvres du réalisateur les plus connues en Occident. Dark water partage par ailleurs son héroïne féminine malmenée et ses fantômes avec Ring.
Au contraire de "Ring" qui jouait sur la dialectique technologie / spiritualité, si prégnante au Japon, "Dark water" fascine par son épure et sa transformation d’une banale angoisse moderne (une femme seule doit élever sa fille dans un univers désincarné et froid) en parabole tragique. La terreur de l’enfant abandonné à la sortie de l’école constitue un thème finalement très peu utilisé par le cinéma d’horreur au contraire d’autres peurs enfantines (comme la peur de l’obscurité). Une fillette qui attend, en vain, ses parents devient le réceptacle de toutes les angoisses du monde.

Ju On - The Grudge

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Genre : Horreur
Pays : Japon
Année : 2003
Réalisateur : Takashi Shimizu
Acteurs : Megumi Okina, Ito Misaki, Misa Uehara, Ichikawa Yui



Synopsis :
Rika, une assistante sociale, se rend dans une maison, sur laquelle pèse une malédiction, pour s'occuper de Sashie, une vieille dame alitée. Elle y découvre un petit garçon enfermé dans un placard, avant d'être agressée par un esprit malfaisant. Quelques jours auparavant, Hitomi, le fils de Sashie, s'était également fait attaquer par le spectre après avoir été témoin de l'apparition du même petit garçon. Lorsque la soeur d'Hitomi débarque à son tour, elle découvre une Rika en état de choc. Intervient alors Toyama, un policer chargé d'enquêter quelques années plus tôt sur la tragédie qui a secoué cette demeure maudite : un homme y avait tué sa femme, et leur jeune fils n'a jamais été retrouvé...

Commentaires :
Reprise des tensions connues du film incontournable d'horreur japonais, The Ring de Hideo Nakata, Ju-On The Grudge y ressemble sans jamais l'égaler.Gros succès au Japon, The Grudge respecte en effet les traditions des films d'épouvantes avec le personnage récurent que l'on attend à chaque ouverture de porte, ici un jeune garçon, le son très grinçant qui emplifie la surprise et bien entendu, les victimes ...Un des points forts du film, si tenté que l'on puisse parler de point fort, est tout de même notons le, l'ambiance sonore qui dans The Grudge est assez bien réalisée. Bien que le fameux son qui entoure le fantôme soit toujours le même, il n'en demeure pas moins créatif.
Au final, Ju On - The Grudge est un Ringu-Like somme tout assez moyen qui ne parvient que trop rarement à nous faire frissonner.

Red Eye

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Genre : Horreur
Pays : Corée
Année : 2005
Réalisateur : Kim Dong-Bin
Acteurs : Jang Sin-Young, Song Il-Guk, Lee Dong-Gyu



Synopsis :
En 1988, un train allant de Seoul à Yeosu a été impliqué dans un accident mystérieux qui a coûté la vie de 100 personnes. La cause de l'accident n'a jamais été découverte. 16 ans après, le train fait son dernier voyage. Peu de temps après le début du trajet, les passagers commencent à remarquer des choses étranges. Les fantômes des victimes de l'accident de 1988 font peu à peu ressentir leur présence...


Commentaires :
Sur la base d’un concept narratif intéressant - l’éclatement / superposition spatio-temporel de deux évènements - Red Eye complique inutilement une histoire de fantômes vengeurs qui aurait gagnée à être plus simplement explicite.
Tout d'abord, le postulat de départ est bien original ; ça se passe dans un train qui est finalement la version fantôme d'un train victime d'une accident 15 ans plus tôt. Mais cela dit, tout les films fantastique de ce type ont un sujet initial original, donc on ne peut pas dire que c'est cela qui fait totalement marcher le film.
Par ailleurs, le film est sympa pour son approche des différents types de fantômes présents ; ceux qui savent qu'ils sont morts et sont plutôt énervés contre les vivants, et ceux qui ne savent pas qu'ils sont morts et voyagent dans le train comme les vivants ; de ce coté, ce qui est plutôt agréable à voir, c'est que les vivants et les fantômes se mélangent complètement sans que l'on sache qui est un fantôme, et cela réserve quelques surprise (modérées) sur la fin.

La Mort en ligne

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Genre : Horreur
Pays : Japon
Année : 2003
Réalisateur : MIIKE Takashi
Acteurs : FUKIICHI Kazue, SHIBASAKI Kou, TSUTSUMI Shinichi


La bande annonce :

Synopsis :
Un soir, Yumi est témoin d'un étrange incident. Son amie Yoko reçoit un message identifié comme émanant de son propre téléphone, mais daté de trois jours plus tard. Si la mélodie qui annonce l'appel lui est inconnue, Yoko reconnaît en revanche sa propre voix sur l'enregistrement : un cri d'effroi qui lui glace le sang. Elle raccroche et tente de ne plus y penser. Mais trois jours plus tard, Yoko meurt à l'heure et dans les conditions exactes du message prémonitoire. Au lycée, un événement similaire se produit quelques jours seulement après la mort de Yoko. Un élève disparaît dans des circonstances inexplicables. A chaque nouvel appel, la sonnerie et le message spécifiques annoncent une mort certaine à leur destinataire, avec la date et l'heure exactes. Yumi décide d'enquêter. D'autant que sa meilleure amie Natsumi a elle-même reçu un appel fantôme...

Commentaires :
Comme bien d'autres films d'horreur japonais (Dark water , Ring ou encore The Grudge...), La Mort en ligne fait l'objet d'une suite signée Renpei Tsukamoto. Après la vidéo et l’Internet maudits, voici venir le portable hanté pour compléter le tableau de famille du fantôme japonais high-tech.Certes, c'est bien de Ring-like qu'il s'agit, mais si le scenario et le cheminement sont classiques (par rapport au genre) -quoique le concept utilisé soit sympathique-, ça reste sacrément efficace.

Phone

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Genre : Horreur
Pays : Corée
Année : 2002
Réalisateur : AHN Byeong-Gi
Acteurs : HA Ji-Won, KIM Yoo-Mi, CHOI Wu-Je




Synopsis :

Ji-Won, une journaliste coréenne, vient de publier un article sur un réseau de pédophiles qui fait beaucoup de bruit et, excédée par les menaces qui lui sont faites sur son téléphone cellulaire, décide de changer de numéro et de se terrer dans une maison que lui prêtent un couple d'amis. Les appels ne cessent pas pour autant et elle découvre avec effarement que tous ceux ayant précédemment utilisé son nouveau numéro de téléphone sont morts dans des circonstances plus que suspectes. Chaque fois qu'elle entend la sonnerie de son mobile, rien de bien réjouissant ne se profile à l'horizon...

Commentaires :
C'est aussi bon que Dark Water, au niveau du jeu des acteurs, surtout la petite fille qui est incroyable ! Et également au niveau des sentiments... et l'intrigue, qui est excellente... la musique classique de Bethowen, Sonate au clair de Lune, est superbe et rend l'histoire encore plus belle, meme si elle reste quand meme triste, car ce film est plus qu'un simple film d'horreur, c'est un drame, comme Dark Water. En piochant dans les peurs naturelles et en reprenant les excellentes idées d’autres films bien connus de tous, Ahn Byeong-Gi signe ici un chef d’œuvre du cinéma d’horreur asiatique. Phone réussit son pari : effrayer tout en scotchant devant l’écran. Le concept du portable est utilisé à bon escient est au lieu favoriser la communication,isole les personne pour mieux les detruire par la suite. Avec "2 Soeur", "Phone" est un film plastiquement fabuleux et terrifiant qui restera longtemps dans les mémoire ne serait-ce que pour la petite Eun Seo-woo

2 soeurs

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Genre : Horreur, Drame
Pays : Corée
Année : 2003
Réalisateur : Kim Jee-woon
Acteurs : Im Soo-Jung, Moon Geun-Young, Yeom Jung-Ah, Kim Kab-su


La bande annonce :


Synopsis :

2 soeurs, Su-Mi et Su-Yeon rentrent chez elles. Leur belle-mère les accueille mais Su-Mi l'évite volontairement et Su-Yeon semble en avoir peur. Un jour, le frère de la marâtre et sa femme leur rende visite. Pendant le dîner elle aperçoit un fantôme et des choses étranges commencent. Le fantôme d'une petite fille hante la maison. Les oiseaux meurent. Persuadé que leur mort est dû aux agissements de Su-Yeon, la belle mère l'enferme dans un placard. Le conflit entre la belle-mère et les deux jeunes soeurs ne fait que commencer...

Commentaires :
"2 soeursé appartient à cette nouvelle vague de films asiatiques hybrides, qui ne peuvent être associés au genre fantastique ou au film d'horreur.Dans Deux soeurs, Kim Jee-Woon traite du dysfonctionnement familial. Le réalisateur note une ceraine ironie dans la vision de la famille; la maison familiale, qui devrait normalement être rassurante, est ici un lieu effrayant et menaçant. Ce lieu clos symbolise la condition mentale de son héroïne Su-Mi.
Assez vite, le surnaturel prend une place dans le manoir familial, apportant encore plus de doutes sur les liens qui unissent tous les personnages. Les relations se désagrègent et les réactions de chacun, surtout du père, semblent complètement déphasées de la réalité. Eun-joon joue à merveille son rôle de belle-mère cruelle qui ne supporte plus le poids de l’éducation des deux jeunes filles, tandis que celles-ci s’enfoncent encore plus dans leur mutisme, préférant les non-dits aux explications claires.
Jeux de lumière sublime, décor magnifique, une photographie et un rendu réellement propre, interprétation parfaite, prestation de l'actrice LIM Soo Jung et YEOM Jeong-Ah (la sixième victime) très convaincante, on ne peut que se satisfaire visuellement du film, tout à fait à l'image de la réalisation très précise de la nouvelle vague des films Coréens.

Sympathy for Mr Vengeance

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Genre : Drame
Pays : Corée
Année : 2002
Réalisateur : Park Chan-Wook
Acteurs : Song Kang-Ho, Bae Doo-na, Shin Ha-Gyun

La bande annonce :


Synopsis:

Ryu est un ouvrier sourd et muet, dont la soeur est en attente d'une opération chirurgicale. Son patron, Dongjin, est divorcé et père d'une petite fille. Young-Mi, la fiancée de Ryu, est une activiste gauchiste. Lorsque Ryu perd son emploi et voit diminuer les chances d'opération de sa soeur, elle lui propose de kidnapper la fille de Dongjin. La rançon obtenue servirait à pouvoir soigner la soeur de Ryu. Mais le plan parfait tourne à la catastrophe...

Commentaires :
Le réalisateur Chan-Wook Park a essayé de coller au plus près de la réalité: "Pour Sympathy for Mr. Vengeance, je me suis efforcé de faire réagir les personnages comme le ferait n'importe qui dans la vraie vie. Ils ont peur, ils sont maladroits, ils ne réfléchissent pas toujours". Il ajoute: "Cette forme de réalisme naît de la perception des personnages qui considèrent le monde comme un désert stérile et la vie comme une malédiction contre laquelle on doit se battre tous les jours."
Ce film traite de différents problèmes qu'une société à la dérive peut faire subir : trafic d'organes, licenciements, suicides… Tous les événements pourraient en faire une critique sociale mais les individus prennent le pas, leurs pulsions sont la principale cible de la caméra. Park Chan Wook leur retire tout au long du film ce qu'ils ont de plus précieux et observe leurs comportements. Malgré leurs différences de classes sociales, la réaction est la même, ils perdent tout contrôle et libèrent la bête la plus affreuse en eux : la vengeance. Il n'y a plus trace de morale, la jungle a prit le dessus. Les scènes choquantes oû l'esthétisme repose sur la destruction de la chair sont justifiables à tout point de vue, il faut crée un monde à la mesure de la souffrance des personnages. C’est un film qui tient à mettre à jour un engrenage de vengeances, en insistant à la fois sur la notion de justice et d’inutilité, et à nous pousser à considérer l’acte inéxorable de vengeance lui-même plus que tout ce qui peut l’entraîner.
Mais au-delà de ces considérations humanistes, Park Chan-Wook émet aussi un jugement terrifiant sur l’état de son pays, miné par des inégalités qui entraîneront toujours de tels actes, si difficiles à juger.

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