Le genre Yurei Eiga
La religion shintô, embrassée avec le bouddhisme par plus de 80 % des Japonais, est basé sur la croyance en une infinité d’esprits (kami) et de dieux : il en existerait plus de huit millions ! Et seraient présents dans chaque élément de la vie (humains, animaux, minéraux, végétaux, phénomène climatique...). Pour s’attirer leurs bonnes grâces, les apaiser ou les chasser s’ils sont mauvais, des prêtres shintô exécutent de nombreux rites. Dans certains villages, les habitants pensent que les maladies ne sont que la conséquence d’une possession par des esprits néfastes ou par d’animaux magiques. Des prêtres se livrent alors à des exorcismes (oharai). Il est plus fréquent qu’ils se livrent à des rites de purification d’un lieu lors de l’inauguration d’une boutique ou de la construction d’une maison.
Les yurei eiga se nourrissent également de tout le patrimoine que représente le théâtre Kabuki (et sa forme plus ancienne, le No).
De cette tradition scénique, la représentation du fantôme conserve ainsi un aspect théâtral marqué.l'esthétique classique du fantôme japonais (s'étendant assez largement à la représentation chinoise ou coréenne):
souvent une femme, parfois défigurée et livide, portant de longs cheveux noirs, vêtue d'une robe blanche (couleur du deuil au Japon), avançant les paumes en dedans et les bras repliés (le dessus des mains représentant le Yin, énergie négative), surgissant des puits ou des forêts dans le but de se venger des êtres responsables de sa mort ou de terroriser des personnes au comportement immoral.
Baignant dans le culte des esprits depuis quinze siècles, le Japon d’aujourd’hui possède un climat propice à accueillir le renouveau du film de fantômes (yurei eiga).Aujourd'hui, s'il y a un endroit sur la planète où les esprits fourmillent en terme de cinéma fantastique, c'est au Japon. On citera bien sur Ring, mais aussi Dark Water, The grudge,et Red Eye (film coréen).



